Guérison, pelade d'oignon!
- Sandra Mioli

- 7 mai
- 3 min de lecture
Je sens un souffle bizarre dans l’air cette année, un truc qui gel un peu la nuque et accélère le coeur sans prévenir. On dirait que le monde entier pèle son oignon intérieur, chacun dans son coin, chacun dans sa tempete silencieuse, et personne n’a demandé ca. L’époque bouscule, comme si le grand méchant loup cognait aux portes pour dire qu’on a dépassé la date limite des illusions collectives.

Cette dernière ligne droite appuie encore plus. Une fin de cycle presque palpable. Une fin d’année qui fait grincer les dents. Tout s’accélère, tout se bouscule, même les personnes les plus solides s’demandent comment tenir la pression. J’entend partout la même phrase : « si je m’occupe pas, je pète un cable ». … Et ça sort de bouches qui ne parlaient jamais comme ça avant!
Dans ce chaos, la guérison devient l’histoire du schéma qu’on voit partout. Une ligne qu’on voudrait droite mais qui fait des zig zag comme un gosse qui s’ennuie, une route qui s’effondre puis remonte… puis retombe encore. On veut croire que le travail intérieur se règle une bonne fois, qu’on ferme une porte et que c’est fini. Mais le réel fonctionne autrement, il revient par couches, par plaques, par vagues qui s’étalent sans prévenir.
À vingt ans, on effleure un sujet et on se dit qu’on a fait ce qu’il fallait. On gratte la première membrane de l’oignon, on pleure un peu, on parle beaucoup trop, on croit que c’est clos. En vérité, c’est juste la couche accessible à cet âge-là. Celle qui nous fait accéder à la suivante. Jamais plus que ça, il faut s’y résoudre ! Ne rêve pas!
Puis les années roulent. Et la même chose réapparait, presque avec le même goût, la même odeur qui remonte dans la poitrine. Ce n’est pas un retour en arrière, c’est une descente. Une plongée plus profonde. Une manière qu’a la vie de dire : « maintenant t’es capable d’aller plus loin ». Fonce Alphonse! (T’as pas le choix de toute façon)
Dans cette ambiance de sapin de Noël à 2 balles, tout le monde semble confronté à son dossier intime. Le truc qu’on repoussait depuis longtemps. Même ceux qui se croyaient stables vacillent un peu, comme si la tension collective révélait chaque petite fissure personnelle. Le monde extérieur se déchire, les agendas des puissants s’entremêlent, les structures globales grincent et notre système nerveux réagit avant même qu’on comprenne ce qui ce joue. On est tous interconnectés dans ce « joyaux » bordel. Je dis bien joyaux, car c’est un cadeau, j’en suis certaine.
Toujours est il que dans une époque comme ça, aucune couche de l’oignon ne reste tranquille. Ce qu’on apprend, c’est que rien n’est réglé tant que ça n’a pas traversé le corps entier. Tant que ca n’a pas touché la zone qu’on évitait soigneusement. Tant que la vérité n’a pas trouvé un endroit ou se déposer.
C’est précisément parce que tout bouge : le ciel, les gouvernements, la terre sous les pieds… que nos strates intérieures se mettent à vibrer plus fort. On ne peut plus faire semblant. On ne peut plus anesthesier. On ne peut plus remettre au lendemain le nœud qui remonte.
Cette nouvelle ère n’a pas l’air de vouloir d’êtres humains amputés de leur propre vérité. Elle pousse, elle insiste, elle ouvre des portes qu’on aurait volontier laisser fermées encore quelques années. Elle demande une présence qu’on n’avait jamais vraiment osé.
Alors oui, ça deglingue le blizzard (comme dit Fauve). Oui, ça fait remonter l’ancien comme un vieux fond de casserole qu’on aurait preferé oublier. Oui, il y a cette impression pour certains d’être au pied du mur, forcé à voir ce qui ne veux plus se cacher.
Mais ce n’est pas une catastrophe.
C’est un passage mes amis!
Une invitation étrange, rugueuse, à descendre encore une couche. À apprendre ce que la première version de nous même ne pouvait pas porter. À accepter que guérir, c’est avancer en spirales, pas en lignes
On ne revient jamais dessus pour rien. On revient parce qu’on est prêts.
Bisous bisous
28.11.25
Sandra Mioli



