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Le chemin de la vacuité

  • Photo du rédacteur: Sandra Mioli
    Sandra Mioli
  • 30 déc. 2025
  • 2 min de lecture

On commence toujours par le sol, la terre battue. Avant ça, il n’y avait que le bordel : désirs, frustrations, rancunes, faim de tout et soif de rien. Puis un jour tu découvres qu’il est possible de t’arrêter, de rester là, debout ou assis, et de respirer sans chercher à remplir le vide. La stabilité s’installe. Tu n’as plus besoin de réagir à tout, tu ne trembles plus comme une feuille au vent. Quand la terre tient, la jalousie et l’attachement perdent leurs griffes.

Puis l’eau entre en jeu. Tes désirs arrêtent de te posséder. Tout devient fluide. Tu peux créer. Les tensions se relâchent, tes histoires mentales se dissolvent comme du sel. Le corps s’assouplit, tu vibres. L’eau t’apprend à laisser couler.

Ensuite vient l’air. Là, c’est ton cœur qui s’ouvre ou qui se brise. Il peut être cruel, avide, plein de rêves de reconnaissance, d’envies d’aimer et d’être aimé. Mais si tu tiens la route, le cœur cesse d’être affectif et devient lucide. Il n’aime pas comme une romance, il perçoit. L’amour n’est plus une dépendance mais une clarté : voir l’autre, les choses, les événements sans maquillage. Alors le silence prend racine.

Puis arrive le feu. Un moment clé. Et là, ça brûle! Tes masques, tes faiblesses, tes illusions partent en cendres. C’est violent, irréversible. Tu deviens comme une poterie cuite : plus fragile, vulnérable, pourtant plus durable aussi. Le feu éclaire et réduit tout à l’essentiel. C’est le passage où tu n’as plus d’autre choix que de devenir toi-même ou de cramer avec le décor.

Et tu comprends enfin : ce que tu poursuis depuis le début, ce n’est pas la paix, ni l’amour, ni la lumière. C’est le vide. Ce vide qui habite une église silencieuse, un temple désert, une chambre après l’amour. Ce vide qu’on essaie de combler avec des corps, des objets, des voyages. Mais rien ne le comblera. Parce que tu es ce vide.

Ce vide est ta seule richesse. Ce vide est la plénitude. Mais pour l’accepter, il faut passer par le lavage des éléments et par un certain dépouillement … Et peut être pas comme tu l’imagines : en décortiquant tes mensonges, tes croyances, en affrontant tes ombres, en traversant tes hontes! En te laissant dissoudre, morceau par morceau, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une présence immense, silencieuse, sans contours.


14.09.25

Crédit photo : Polly in Wonderland

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